Marie Pons

MARIE PONS

Nom et prénom de la Femme du mois : Pons Marie
Date de naissance : Née le 16 Mai 1979
Âge : 40 ans bientôt !
Ville d’origine : A Villefranche de Rouergue
Nombre d’enfants : 2 enfants
Emploi : Sans emploi actuellement
Femme De… : Guillaume Pons, entraîneur du club de basket POB

Marie Pons
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Marie Pons, Femme du mois de janvier
 Pouvez-vous présenter votre parcours (ville, étapes…) et présentez vos enfants ?

Je suis née en Aveyron, j’y ai vécu jusqu’à mon entrée à la fac, à Toulouse. Ensuite, de 2002 à 2014, j’ai habité deux années à Nanterre (NM1), puis cinq ans à Saint-Etienne (Pro B), puis deux et demie à Nanterre (Pro B puis Pro A), puis six mois à Evreux (Pro B), et pour finir, deux années à Vichy (NM1), au gré des clubs de mon mari qui jouait encore.
Ensuite, il est devenu coach (en NM2) et nous avons vécu trois années à Montbrison et depuis Août 2017, nous sommes dans la belle ville des Sables d’Olonne.
Nous avons la chance d’avoir deux garçons, Timéo qui a 12 ans et Maloé qui aura bientôt 9 ans. Ils suivent les traces de leur Papa puisqu’ils sont à fond basket…

 Quel est votre parcours scolaire ?

J’ai un bac Scientifique et une Licence de Mathématiques. En 2002, je devais préparer le CAFEP-CAPES.
Je ne l’ai pas fait puisque j’avais rencontré Guillaume et j’ai décidé de le suivre à Nanterre.

 A quel métier vous destiniez-vous ?

J’ai toujours voulu être prof de Math. Enseigner, c’est une vocation chez nous (mes parents étaient enseignants, ma sœur est devenue prof d’EPS), je n’ai jamais imaginé faire autre chose et je pense que je suis faite pour ça.
Mon rêve ultime a toujours été d’enseigner en prison pour mineurs et je ne désespère pas d’y arriver un jour…

Des passions ?

Mes enfants sont ma première passion, ils passent avant tout et je ne sais pas s’il existe quelque chose que je ne ferais pas pour eux.
S’il y a bien quelque chose que j’adore, c’est recevoir. J’aime les gens en général (ou je les déteste, chez moi, c’est blanc ou noir, je ne connais pas le gris) et les autres, MES autres, c’est mon essentiel !
Ensuite, j’aime évidemment le basket. Je ne pourrais pas supporter toutes les concessions que ce sport me fait faire si je ne l’aimais pas un petit peu.

Comment avez-vous rencontré votre conjoint ?

Guillaume jouait à Rodez en NM1, le club phare de ma région et il travaillait à côté, au comité. Je jouais également à Rignac, en RF1 et on voulait monter en NF3. Ma coach, enceinte, a été remplacée pendant son arrêt par…Guillaume. Je suis donc la vilaine joueuse qui est sortie avec son entraîneur

 Comment a-t-il commencé sa carrière ?

Il a fait toutes ses gammes au Montpellier Basket, de l’école de basket jusqu’à l’équipe pro qu’il a intégré à 16 ans et demi, en Pro A (la Jeep Elite de l’époque). Le club commençait à avoir des difficultés financières, Guillaume était en quête de responsabilités et il n’entrait pas dans les plans du coach de l’époque. Il a donc été prêté pendant deux ans en NM1, une saison à Sablé sur Sarthe et une à Rodez où je l’ai connu. Le Montpellier Basket a déposé le bilan à la fin de cette saison.

Vous avez choisi de suivre votre conjoint dans chacune de ses étapes. Vous êtes-vous sentis investis d’un rôle ? Si oui quelle a été votre mission ?

En Juin 2002, Guillaume m’a demandé de le suivre à Nanterre alors que nous n’étions ensemble que depuis quelques mois. J’ai hésité, je devais préparer mon diplôme, j’étais inscrite à Toulouse et je n’avais jamais imaginé jusque-là ne pas suivre mon « plan » : finir mes études, me marier, avoir des enfants, un chien, une maison, un boulot. Déménager ne m’avait jamais traversé l’esprit, et encore moins quitter ma région.
Mais on ne choisit pas l’Amour, c’est lui qui nous choisit… Parce qu’évidemment, si j’avais pu choisir, je ne serais pas tombée amoureuse d’un sportif. Mon frère était footballeur (il a joué à Auxerre, Nîmes, Châteauroux et Rodez) et je n’étais pas de ces filles qui rêvent de cette vie de « femme de », loin de là…
Mais je l’ai suivi à Nanterre bien entendu, et je ne l’ai jamais regretté.
Pour tous nos autres déménagements, j’ai suivi mon mari sans même me poser la question, comme une évidence, encore plus depuis que nous avons des enfants. Je ne conçois tout simplement pas ma vie autrement et ma priorité sera toujours ma famille.
Mais je pense, et j’espère !, que mon mari n’irait jamais dans un club sans mon aval.
Je ne me sens pas forcément investie d’un « rôle » ou d’une « mission »,  je suis juste impliquée dans la vie de mon mari, comme il l’est dans la mienne ou comme je le serais s’il faisait autre chose. S’intéresser à l’autre, ça me semble la base dans un couple mais on peut aussi bien parler de ses joueurs et de son basket que de mes élèves. J’essaie de le soutenir dans ses choix, d’échanger, de l’encourager toujours, de le secouer parfois…
Le basket, c’est sa vie, et donc la nôtre par ricochets, je ne peux pas ne pas m’en soucier. Et c’est, en plus, à son gré qu’on déménage à chaque fois, c’est dire la place qu’il a chez nous. D’autant plus maintenant que mes garçons sont mordus aussi !

Comment vit-on loin de ses proches, dans un pays ou une ville où l’on n’a aucun repère ?

Pour moi, le plus difficile est d’être loin des miens. Je suis l’aînée d’une fratrie de quatre et on est très proches, je n’avais jamais envisagé vivre loin d’eux. Ne pas pouvoir être à la maternité pour la naissance de mes neveux et nièces ou ne pas pouvoir faire un dernier bisou à mon Papi avant qu’il nous quitte, c’est dur. Mais c’est ainsi et finalement, je n’étais sûrement pas faite pour une autre vie que la mienne.
La première fois que j’ai quitté mon cocon, à 23 ans, ce fut difficile. Je sortais de mon village d’à peine 1500 habitants et j’ai débarqué à Nanterre. Le choc… Tout était différent, jusqu’à conduire une voiture ! Mais le club était top, ça m’a beaucoup aidé.
Il faut être débrouillarde et oser, et en général, tout se passe bien.

Les clubs ont-ils simplifiés votre intégration ?

Oui. Déjà, on ne se soucie pas du logement en général, et ça simplifie notre arrivée. Ensuite, on trouve toujours quelqu’un pour nous donner le nom d’un médecin, d’un dentiste etc… Pour moi, le plus difficile est tout ce qui se fait en amont quand on ne connaît pas la ville, le changement d’école pour les enfants par exemple.

Quelles ont été les plus grandes difficultés rencontrées dans votre parcours ?

En ce qui concerne mon mari, les plus grandes difficultés de sa carrière de joueur ont été ses deux grosses blessures, rupture des ligaments croisés du genou gauche en 2006 et la même à droite en 2009. Et la plus grande difficulté de sa carrière de coach a été de se faire couper en Mars 2017.
En ce qui me concerne, le plus difficile a été d’être loin des miens pendant ma maladie (cancer du sein décelé en Février 2013 puis cardiomyopathie déclarée en Septembre, suite aux chimio).

  • Parlez-nous de vos activités professionnelle, vos projets ?(Comment s’est passé le lancement ? Vous à t’on aidé à la conception de votre entreprise, projet ? Quelles difficultés rencontrés, ce que vous referiez ? ne referiez pas ? Ce que ca vous apporte ? Un site web pour retrouver vos créations ?… )

Si il y a bien quelque chose que m’a apporté ma vie de « femme de », ce sont diverses expériences, aussi riches les unes que les autres. Sans cela, je n’aurais certainement jamais bougé de ma région.

J’ai commencé par enseigner en collège et lycée « classiques » mais j’ai dû me contenter de remplacements, n’étant pas titulaire. En effet, j’ai fait le choix de ne pas passer le CAFEP-CAPES à l’époque car, pour faire court, il est très difficile d’obtenir des mutations ensuite… Puis j’ai enseigné en CFA ou en lycée agricole, en passant par le centre de formation du PSG.

J’ai adoré chacun de mes postes et je n’ai rien regretté, si ce n’est quitter mes élèves à chaque fois. Je sais que je suis une meilleure enseignante aujourd’hui grâce à toutes ces expériences mais j’aspire à un peu de stabilité désormais.

J’espère retravailler dès la rentrée prochaine, ça me manque. J’ai besoin de ça pour me sentir bien, pour me sentir moi, tout simplement. Et mon rêve ultime, comme je l’ai dit, serait d’enseigner en prison.

J’ai également publié un livre en 2010 Les dessous d’une femme de basketteurEnfin, un livre, c’est un bien grand mot, ce n’est pas de la grande littérature mais des anecdotes sur ce qu’on vit toutes.
Et là, je termine l’écriture de Ma vie en rose, un livre d’un tout autre genre, une sorte de journal de ma maladie. Je pense me lancer dans l’auto-édition cette fois-ci.

Si vous deviez mettre à l’honneur une Femme De…, quelle serait-elle ? Pourquoi ?

Sans hésiter, mon amie Elham, la femme de Thierry Rupert, décédé en Février 2013. Sa mort a secoué notre monde du basket, il en était une icône.
Il jouait à Dijon, il a fait un malaise respiratoire pendant un entraînement en Mai 2012 et des examens ont suivi. Il avait une cardiomyopathie (la même maladie que moi) mais ne répondait pas aux traitements. On lui a greffé un cœur artificiel le 12 Juillet 2012, le jour des 11 ans de sa fille, et il a été placé dans un coma artificiel qui ne devait durer que 10 à 15 jours, le temps que son corps s’habitue à son cœur « mécanique ». Mais le 30 Juillet, les médecins ont annoncé à Elham qu’il ne se réveillerait pas. Il nous a quittés le 10 Février 2013, la laissant seule et dévastée avec deux enfants d’à peine 9 et 12 ans.
Alors évidemment, je l’admire pour la manière dont elle a traversé tout ça, digne et courageuse. Elle s’est battue au-delà de ses forces, elle a tout tenté, elle y a cru jusqu’au bout.
Mais je l’admire encore plus maintenant. Elle s’est oubliée, elle est restée debout pour ses enfants, qui auront 15 et 18 ans cette année, et elle pourrait se vanter de ce qu’ils sont devenus, grâce à elle. Ce qu’elle ne fera jamais, bien entendu. Alors bien sûr, tout le monde le sait, ils réussissent, ce sont deux prodiges du basket  (Iliana joue à Bourges à 17 ans, Rayan est à l’INSEP avec un an d’avance) mais surtout, elle a fait d’eux deux belles personnes, intelligentes, équilibrées et attentionnées, malgré le drame qu’ils ont traversé. Elle a su combler le vide laissé par leur Papa, elle les a élevés comme si Thierry était toujours à côté d’elle, en se demandant à chaque étape de leur vie et à chaque décision à prendre si c’est ce qu’il aurait voulu. Et aujourd’hui, de là où il est, il doit être sacrément fier de sa famille… Elham, c’est tout simplement mon héroïne.

Quels principaux conseils donneriez-vous aux autres Femmes De… ?

D’avoir confiance en leur amour et d’en prendre soin.
Il y aura forcément des moments difficiles mais toujours se dire que ces moments, ce serait pire de ne pas les vivre et donc de ne pas être avec l’homme que l’on aime…

PORTRAIT CHINOIS DE LA FEMME DU MOIS

Si j’étais :
Une couleur : Le noir
Un pays : La France
Une ville : Les Sables d’Olonne
Un musée : Grévin
Une équipe de sport : Celle de mon mari à chaque fois
Un animal : Une lionne
Une saison : Le printemps
Un artiste : Patrick Bruel
Un sport : Le basket-ball, évidemment
Un objet : Mon porte-clés avec les photos de mes enfants
Un film : Mon âme-sœur
Une boisson : Le café
Un personnage célèbre : Simone Veil
Un personnage qui a marqué l’histoire : Martin Luther King
Un livre : Ma vie en rose, que je suis en train de terminer d’écrire…
Une invention : Le cœur artificiel
Une marque : Kinder
Un bijou : Mon alliance

Pour découvrir les Femmes des mois précédents : cliquez-ici

1 comment
  1. Bravo Marie !!!!
    Quel magnifique moment je viens de vivre en ta compagnie à travers ce bel article, je me souviendrai toujours de ta belle personne, de ton accent et de ta totale patate, quand tu étais parmi nous au lycée de Précieux.
    Quelle sacrée vie tu as, j’ai hâte de te lire tiens nous au courant!!
    bisadmiratives
    Alex (Précieux)

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